« Éducation Numérique au Sénégal », en route vers les écoles !

C’est en 2002 que la fondation Sonatel voit le jour, avec pour objectif l’amélioration de la qualité de vie des populations défavorisées en se focalisant sur trois axes principaux : la santé, l’éducation et la culture. Reçues le mercredi 12 octobre par la directrice, Aminata, à la fondation Sonatel de Dakar, l’équipe AQWA entame le dernier volet de sa première mission.

Le programme « Éducation Numérique » a été lancé par la Fondation en 2014. Sa mission ? Doter des écoles primaires, collèges et lycées d’un kit pédagogique composé de 50 tablettes, d’un vidéoprojecteur et d’un serveur permettant d’accéder à du contenu pédagogique hors ligne.

Si aujourd’hui la fondation a déjà soutenu une trentaine d’écoles au Sénégal, elle compte bien continuer sur sa lancée. Avec l’aide du Ministère, la fondation a sélectionné, à nouveau, 30 établissements qui recevront le kit pédagogique dans les prochains mois.

 

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La cour du collège Djibril Diaw

Le grand départ

Afin de visiter le plus d’écoles possibles, la mission s’est déroulée dans deux régions différentes du Sénégal et a donc impliqué la scission de l’équipe AQWA en deux. C’est avec beaucoup d’émotion et le coeur gros que, dès le lendemain de notre arrivée dans la capitale sénégalaise, nous nous séparons pour une durée de 15 jours. Programme de la première semaine : le duo d’enfer Nathalie – Manon rendra visite à des écoles aux alentours de Dakar, tandis que les deux complices Pauline et Mathilde partiront droit vers Thiès et M’Bour.

Les rôles s’inversent pour la deuxième semaine de mission : la première équipe partira sur le terrain vers Fatick et Kaolack, alors que l’autre tandem sera de retour à Dakar dans les bureaux de la Fondation afin de contacter les écoles par téléphone. Parmi les établissements visités, près de la moitié  a reçu les tablettes, tandis que les autres écoles ont été sélectionnées pour bénéficier des tablettes prochainement. Ces dernières écoles, dites « témoins », nous servent de référence, nous permettent de comparer et de mieux mesurer l’impact du programme.

 

L’éducation au Sénégal

Nous avons été marquées par les effectifs « pléthoriques«  dans les écoles primaires : les classes comptent généralement entre 50 et 80 élèves, et certaines dépassent les 100 élèves ! Faute de place, il y a jusqu’à 4 élèves par banc. Avoisinant les 85%, le taux de scolarisation au cycle primaire au Sénégal a en effet connu une forte augmentation depuis ces 5 dernières années. Malheureusement, la construction de nouvelles écoles et de salles de classe n’a jusqu’alors pas été suffisante pour absorber ce nouveau flux d’élèves, engendrant la surpopulation de chaque niveau scolaire.

Afin de répondre à cette forte demande d’inscription, des enseignants non fonctionnaires et moins formés ont été embauchés dans la hâte. Un des professeurs que nous avons eu la chance de rencontrer à l’école Cheikh Mbaba Sow de Mbour, témoigne ainsi d’un niveau scolaire actuel relativement plus bas  qu’il y a quelques années.

 

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La classe de CM2 de l’école Aldiabel

 

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Le sourire d’un élève de l’école CEM Pout 2

Un accueil chaleureux et une Réelle volonté d’améliorer le niveau scolaire…

Nous avons été très bien reçues par les membres du corps professoral et les élèves des établissements visités. Autour d’une petite tasse de thé, dans la cour de récréation ou bien dans leur bureau, les directeurs et les enseignants se sont montrés extrêmement disponibles et bienveillants !

Lors de nos entretiens, nous avons ressenti une véritable volonté de leur part de faire progresser le niveau général des enfants et de les accompagner au mieux dans leur scolarité. Très reconnaissants de pouvoir bénéficier du programme de la fondation Sonatel, les enseignants font preuve de courage malgré des conditions d’enseignement délicates : des classes bondées, des « brasseurs d’air » souvent peu efficaces face à la chaleur écrasante, un matériel pédagogique restreint.

Fait notable ici au Sénégal: la rentrée a beau avoir été officiellement annoncée pour le 5 octobre, la totalité des élèves ne sera rassemblée dans les classes qu’au moins un mois plus tard. « Ubi Teyjang Dey », slogan wolof de la communication gouvernementale signifiant « ouvrir aujourd’hui, étudier aujourd’hui », a bien du mal à se faire entendre !

 

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Le directeur et les enseignants de l’école élémentaire Thierno Sall

 

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En pleine concentration pour répondre au questionnaire

 

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C’est la récréation dans l’école Médina Fall 2 !

 

… Malgré des conditions difficiles

Etre élève au Sénégal, en voilà un grand défi. En zones rurales et reculées notamment, certains élèves marchent jusqu’à 5km tous les matins pour aller à l’école. De plus, au Sénégal, de nombreux établissements choisissent d’appliquer la journée continue. Cela implique, pour les élèves comme pour les enseignants, une journée de cours de 8h à 14h ou 15h non stop avec une petite pause casse-croûte. Par manque de moyens, certains élèves ne mangeront pas de la journée – ont-ils même pris un petit déjeuner avant de partir de chez eux ? –  entraînant une baisse significative de la concentration en classe,  accentuée par une très forte chaleur.

 

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l’utilisation du kit

Il est difficile d’identifier des grandes tendances sur l’impact du projet tant les écoles ciblées sont diverses : écoles élémentaires, collèges ou lycées ; en zone rurale ou zone urbaine ; écoles défavorisées ou d’excellence ; dotées de salles informatiques ou non, etc. Les établissements sont libres de s’organiser en interne pour optimiser l’utilisation des tablettes.

Les effectifs dépassant généralement 50 élèves par classe, il n’est généralement pas possible que chaque élève ait une tablette pour la leçon, et le partage s’impose souvent !

Certains professeurs sont plus à l’aise que d’autres dans la manipulation des tablettes, la fréquence d’utilisation varie donc beaucoup en fonction de chacun. Aux niveaux collège et lycée, les tablettes sont par exemple une ressource précieuse pour les professeurs de physique-chimie qui, à défaut de laboratoire, montrent des expériences virtuelles sur tablettes, afin de rendre les leçons plus concrètes. Le vidéo-projecteur est aussi un outil valorisé par beaucoup : en projetant des images, les élèves comprennent et assimilent plus facilement, permettant aussi un gain de temps en classe.

Objet novateur et inconnu de la plupart des enfants, les tablettes intriguent et amusent indéniablement ! Les enseignants remarquent une hausse de la participation et de la motivation en classe.

Ajoutons que les établissements sénégalais ont connu une grève des enseignants de plus de trois mois durant l’année scolaire 2015-2016. A deux doigts d’être une année qu’ils nomment « blanche » ou « invalide« , les enseignants, dans ce contexte particulier, n’ont pas encore tous utilisé le kit pédagogique, au profit d’un enseignement classique dont ils connaissent tous les rouages. Nous espérons que le numérique aura encore plus d’impact en cette année 2016-2017 dans les 60 établissements bénéficiaires des kits de la fondation Sonatel !

 

Nous en profitons aussi pour remercier chaleureusement Aminata, Fatou, Tafsir, Abdoulaye et toute l’équipe pour leur accueil en or et leur aide au cours de ces deux semaines passées au Sénégal !

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