Cali, ou comment clore l’année AQWA en beauté

Comme nous vous l’expliquions dans l’article précédent, c’est en Colombie que nous avons eu la chance de clôturer l’aventure AQWA, après une première partie de mission en Equateur.  Et c’est à Cali, la troisième ville du pays, que nous nous sommes installées pour un mois.  La belle a fait son nid au coeur du Valle del Cauca, une charmante vallée marquée par la culture intensive de canne à sucre . Pour des anecdotes pleines de chaleur et d’énergie, c’est juste en-dessous, mi amor ! 

Un retour a la chaleur

Après 3 semaines en Equateur, à 3100 mètres d’altitude, nous avons enfin retrouvé les température des plaines. 2000 mètres plus bas, dans le pays voisin, Cali et ses 30°C secs nous ont accueillies à bras ouverts. Un parfait compromis entre la chaleur étouffante du Cambodge et le frigo équatorien.

Le contact humain y est aussi bien différent, à l’en croire lié au climat. D’un jour à l’autre, les « compañeros » et « compañeras » qu’utilisaient à outrance nos collègues équatoriens ont été remplacés par des « mi amor », « mi corazón » ou « mi reina » prononcés sans modération, et les poignées de main par des embrassades généreuses.

Vue panoramique de Cali, depuis la colline du Cristo Rey

 

Seul petit bémol: la ville est réputée dangereuse – dans le top 10 mondial selon certains classements que l’on peut trouver sur la toile. Heureusement, nous sommes bichonnées et aiguillées dès l’arrivée par Yadira, la présidente de l’association  AQUACOL (Asociación de Organizaciones Comunitarias prestadoras de servicios públicos de Agua y Saneamiento de Colombia), auprès de laquelle nous allions travaillé pendant un mois.

Yadira, présidente d’AQUACOL

 

La POURsuite de la mission

En Equateur, nous avions travaillé avec le CENAGRAP, association qui regroupe en son sein les organisations communautaires de gestion de l’eau, appelées OCSAS (Organizaciones Comunitarias de Servicios de Agua y Saneamiento). Celles-ci se sont constituées dans les zones rurales pour pallier l’absence de services publics de l’eau et de l’assainissement. C’est exactement le même schéma en Colombie: AQUACOL offre des services d’accompagnement et de formations aux OCSAS affiliées dans des domaines aussi variés que la comptabilité, l’organisation interne, la législation, la résolution des conflits, ou encore l’entretien des systèmes de traitement et de distribution de l’eau. Malgré quelques différences – mineures – entre les activités du CENAGRAP et celles d’AQUACOL, les similarités des deux projets permettent de mener une réflexion générale sur l’associativité des OCSAS et les bénéfices qui en découlent. Nous attendions notamment des impacts positifs en termes d’efficacité de gestion, d’autonomisation, de reconnaissance politique, et plus indirectement d’hygiène et de santé pour la population.

Si les activités des deux organisations sont similaires, les résultats et impacts de l’étude sont très différents entre les deux pays. La variable législative en est l’une des principales explications: en Equateur, la loi semble appliquée avec moins de poigne qu’en Colombie, où de nombreuses institutions publiques régulent le secteur de l’eau et de l’assainissement. Là-bas, mieux vaut ne pas prendre à la légère les directives de la Superintendencia de Servicios Públicos ou de la Secretaría de Salud Pública !  Le CENAGRAP et AQUACOL sont également deux entités bien distinctes dans leur gestion : alors que la première fonctionne comme une entreprise avec bureaux et employés à plein temps, la seconde est une petite association sans officine dont les 7 membres volontaires sont dispersés dans les communautés semi-urbaines et rurales autour de Cali. Enfin, la culture communautaire et relativement méfiante des Andes équatoriennes s’oppose à celle des OCSAS de Cali.

Nathalie et l’opérateur technique d’une station de traitement d’eau potable, au pied du fameux Cristo Rey de Cali

Les 5 semaines de collecte de données en Equateur et en Colombie nous ont permis de rencontrer les équipes de 44 OCSAS affiliées à des réseaux et 25 OCSAS non affiliées, ainsi qu’une centaine de membres des communautés directement bénéficiaires des services d’eau et d’assainissement délivrés par ces OCSAS. C’est en comparant le groupe des OCSAS affiliées avec celui des non affiliées que nous pourrions conclure sur l’impact social généré. Les deux semaines d’analyse, rendue plus complexe par la nécessité d’y inclure à la fois la réflexion générale et la réflexion par pays, ont révélé un léger impact positif sur les dimensions de gestion, d’administration et d’organisation des OCSAS affiliées. L’entretien régulier de leurs systèmes de traitement et de distribution leur permettent également de proposer un service plus fiable aux usagers, qui bénéficient d’une qualité d’eau relativement meilleure. En revanche, ces projets d’associativité des OCSAS ne semblent pas avoir encore pris assez d’ampleur pour permettre une amélioration significative de leur reconnaissance politique ni de la santé des populations. Nous espérons que cette étude, maintenant entre les mains de la Fondation AVINA (commanditaire de cette mission), contribuera à promouvoir les modèles d’associativité des OCSAS en Amérique Latine !

Notre équipe en pleine discussion avec les membres de l’OCSAS La Sirena, région de Cali

Finissons l’année en musique !

Comment parler de Cali sans parler de danse ? La capitale de la salsa, croyez-nous, porte bien son nom. Nous sommes bien loin des danses individuelles électro auxquelles notre éducation (notamment estudiantine) à la française nous avait habituées. Seule Nathalie, notre beau fruit du Pérou, était déjà comme un poisson dans l’eau. A Cali, on ne parle pas de discothèque mais bien de salsathèque, où les musiques à quatre temps s’enchaînent sans aucune pitié pour les autres genres musicaux. Seules les danses soeurs, comme la bachata ou le merengue, se font entendre, plus discrètement. Nous invitons tout le monde à s’essayer à la salsa, dont les pas de base ne sont pas si difficiles ! Et on oublie pas de bouger ses hanches !

 

le mot de la fin

Le moment est venu de souhaiter une bonne continuation aux équipes de la Fondation AVINA, du CENAGRAP et d’AQUACOL… et d’officialiser la fin des aventures terrain de la team AQWA ! Après quelques semaines de vacances (bien méritées, non ?), nous vous retrouverons en France avec notre plus grand sourire aux lèvres, et la tête remplie de mille et un souvenirs du monde…

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